Le Soufisme

Écrit par Éditeur VOPUS   
Le Soufisme

Le Soufisme est un mouvement mystique islamique qui représente un éloignement par rapport à l’approche légaliste dans l'Islam, et tend à une relation plus personnelle avec Dieu. Il souligne l'importance d'une recherche intérieure de Dieu comme un complément à l’ordre extérieur de la "charia" ou la loi

Le mot vient de “suf” (laine), parce que d’anciens conteurs d'histoires, à partir desquels a évolué le soufisme, portaient des vêtements de laine.

Les soufis poursuivent comme objectif de se perdre dans la réalité ultime de la divinité par la répétition constante du "dhikr" ou nom de Dieu.

DHIKR est un mot arabe qui signifie "souvenir", et il se réfère à la pratique soufie qui implique le souvenir de Dieu, la chanson des noms de Dieu et la conscience de la présence de Dieu. Il peut être fait silencieusement ou à haute voix, seul ou avec d'autres. Pour les soufis, cette répétition prolongée du nom de Dieu est une méthode de concentration spirituelle. Souvent, ils utilisent des aides comme la musique, un rosaire, la danse et les exercices systématiques de respiration. La pratique est validée par le Coran 33.41: "Oh, croyants, rappelez-vous de Dieu fréquemment et donnez-lui gloire de l’aube au crépuscule".

Pour les soufis, le dhikr est l'acte de Dieu lui-même autant qu’un acte humain. C'est Dieu qui s’invoque lui-même ainsi qu'il est invoqué par le croyant.

L'Islam a traditionnellement accordé 99 noms à Dieu. Selon le Coran, 7.179, "Lui appartiennent les plus beaux noms". Certains de ceux-ci se réfèrent à l'essence de Dieu, comme Allah, le nom suprême qui ressort comme unique, et "ar-Rahman", le Miséricordieux, qui parfois est presque comparé à Allah. D'autres noms se réfèrent à des qualités de Dieu, comme "ar-Rahim", le Compatissant, et "al-Bari", le Producteur. Une autre division est : d'une part, les noms de Dieu qui indiquent sa bienfaisance et, par ailleurs, ceux qui indiquent son jugement et sa majesté.

La majorité des noms de Dieu se trouvent dans le livre sacré ; toutefois, d'autres ont une dérivation non coranique. Le nom suprême d'Allah était courant en Arabie avant l'époque du Coran, mais sa signification a été transformée par le Coran. Des exemples typiques de noms de Dieu sont "al-Haqq" (la Vérité), "al-Ahad" (l'un), "al-Hakam" (le Juge), "al-Quddus (le Saint)," al-Kabir "(le Grand)," al-Karim "(le Généreux)," al-Wali (le Protecteur), "al-Wadud (l’Affectueux).

Quelquefois le mot "dhikr" est utilisé pour désigner une cérémonie soufie en général, mais il se réfère spécialement à l'invocation du Nom Divin au coeur de la cérémonie.

Comme on peut l'apprécier, cette pratique ésotérique correspond étroitement avec le "rappel de l'Être" et avec "la Conscience Superlative de Être", qui, maintenus d'instant en instant conduisent à l’éveil de la conscience objective. C’est de tout cela dont nous parle le V.M. Samael :

Danse soufi

Le plus grave dans la vie est de s'oublier de soi-même. Donc il est nécessaire de transformer les impressions, et ceci est seulement possible en interposant l’Être entre les différentes vibrations du monde extérieur et le mental. Quand on interpose entre les impressions et le mental ce que nous appelons la Conscience, il est évident que les impressions se transforment en des Forces et des Pouvoirs d'Ordre Supérieur.

Il est très facile d'interposer la Conscience entre les impressions et le mental. Pour recevoir les impressions avec la Conscience, et non avec le mental, on a besoin seulement de ne pas s'oublier de nous-mêmes à un moment donné (…) Nous devons être concentrés sur l'Être, pour que soit l’Être, la Conscience Superlative de l'Être, celle qui reçoit les impressions et qui les digère correctement. On évite ainsi les réactions horripilantes que tous, les uns et les autres, avons devant les impacts provenant du monde extérieur. On transforme ainsi complètement les impressions, et transformées, elles nous développent merveilleusement.

Parce que si on s'oublie de son propre Être Intérieur en présence d'un insulteur, on termine en l’insultant ; si on s'oublie de soi-même, de son propre Être, en présence d'un verre de vin, on finit en ivrogne ; si on s'oublie de soi-même, de son Être propre en présence d'une personne du sexe opposé, on finit en fornicateur.

Quand on apprend à vivre en état d’Alerte Perception, d’Alerte Nouveauté, quand on se rappelle à soi-même d’instant en instant, (…), quand on ne s'oublie jamais de soi-même, il est indubitable que nous devenons conscient.

Au moment d’une tentation rigoureuse, d’un découragement et d'une peine, on doit avoir recours au rappel intime de soi-même.

Quand soi même, on se donne le choc du "Rappel de Soi", un changement miraculeux se produit réellement dans tout le travail du corps, de sorte que les cellules reçoivent un aliment différent.

Dans le fond de chacun nous, la Tonantzin aztèque, la Stella Maris, l'Isis égyptienne, Déesse Mère, nous attend pour guérir notre coeur endolori.

Rappelons-nous que le sage majorquin Raymond Lulle (1235-1315) dans son "Livre des Cent Noms de Dieu" établissait la méthode des grands Maîtres spirituels de l'Islam : le Dhikr, pour mettre le mystique en contact direct avec sa Divinité.

INSTITUTIONS SOUFIES

INSTITUTIONS SOUFIES

Le soufisme a commencé à être institutionnalisé très tôt, quand les soufis ont formé des Communautés avec des résidences où ils pouvaient vivre ensemble et prendre part à une tâche éducative. Les centres soufis se fondaient souvent au moyen de fonds de charité (waqí) et ils développaient leur propre style de vie.

Les premiers groupes de soufis sont apparus aux VIIIème et IXème siècles. L'école de Bagdad a effectué un enseignement systématique des étapes du mysticisme à travers la purification des sens et de l'esprit. À partir du Xème siècle, un éloignement s'est produit entre l'orthodoxie islamique et le soufisme.

Les institutions soufies mettaient l'accent aussi sur des vertus comme l'humilité et l’attention au prochain.

Le V.M. Samael affirme précisément que le sacrifice désintéressé pour l'humanité est un élément indispensable d'une véritable école de régénération. Pour ce motif, le V.M. Sivananda indique l'ascétisme comme caractéristique essentielle du soufisme. Le dévot consacre tous ses actes physiques, mentaux et spirituels à la volonté de Dieu. L'unité de Dieu, la fraternité des hommes et son propre abandon au Seigneur, sont les doctrines les plus vitales du soufisme. Celui-ci conçoit Dieu avec une forme, bien qu'il reconnaisse aussi son aspect sans forme. Le soufisme combine l'extase et le service à l'humanité. Sivananda souligne les mots éloquents du Coran :

Aucun homme n'est un véritable croyant, à moins qu'il ne désire pour son frère autant qu'il désire pour lui-même. Dieu ne donnera pas son affection à cet homme qui ne donne pas la sienne propre à ses créatures. Le préféré de Dieu est celui qui fait le bien à Ses créatures. Le meilleur parmi les hommes, c'est celui qui augmente le bien de l'humanité. Toutes les créatures de Dieu sont sa famille. Le plus aimé par Dieu est celui qui essaie de faire un bien plus grand à Ses créatures. Il nourrit l’affamé, visite le malade et libère le captif quand injustement il a été emprisonné. Il aide toute personne opprimée, qu'elle soit musulmane ou pas. Il aime avant tout son prochain.

Tout homme peut atteindre la libération au moyen de sa foi et de ses bonnes actions (…) Annihilez votre ego. Servez l'humanité souffrante. Sacrifiez votre argent, votre temps et votre énergie au service des pauvres et des opprimés. Ceci en effet vous fournira le salut ou la liberté.

Rappelons-nous que donner l’aumône ou faire la charité est un des cinq piliers de l'islamisme.

ORDRES SOUFIS

Ordres soufis - soufisme

Les institutions soufies des premiers jours de l'Islam ont évolué au cours du XIIème siècle vers des ordres formels connus comme les TARIQAHS. Ils étaient dirigés par un chef  spirituellement doué, connu comme le SHAYKH, et incluaient des membres à part entière  (qui pouvaient être ou non mariés) et des adeptes laïques. Les principaux ordres ont été  subdivisés pour arriver à en avoir des centaines. Bien que leur but principal était d'augmenter  la conscience mystique de Dieu, ils effectuaient aussi une importante fonction missionnaire,  spécialement dans les limites du monde musulman, dans des lieux comme l'Asie Centrale,  l'Inde, le Soudan et l'Afrique Occidentale.

Le V.M. Samael affirme que dans la vocation missionnaire, il y a du sacrifice, et que “si nous ne faisions rien pour porter la lumière de la connaissance à d'autres gens, à d’autres peuples et à d’autres langues, nous tomberions dans un égoïsme spirituel, très raffiné, qui nous empêcherait toute avance intérieure”. Aimer sans demander rien en échange, éliminer la rancoeur, pardonner droitement les défauts d'autrui, donner sa vie pour le prochain, tout véritable sacrifice est récompensé par Dieu.

Le soufisme, mouvement mystique islamique
Le soufisme, mouvement mystique islamique
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