Skip to content
VM Samael Aun Weor: Gnose et Gnosticisme Prophéties Anthropologie Gnostique Psychologie Kabbale Alchimie Astrologie Tarot Méditation Symbols
Le mental est l'âne sur lequel nous devons monter pour entrer dans la Jérusalem Céleste
La Gnose | VOPUS arrow Mystique/Religion arrow Mensonges de l'Église Catholique

Mensonges de l'Église Catholique

Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Pepe Rodríguez   

PROLOGUE

l'Église Catholique de Saint Pierre - Mensonges de l'Église Catholique

 

Pepe Rodríguez, nous révèle dans cette œuvre magnifique «les dessous de l’Église Catholique», comment avec le temps, les écritures saintes ont été mal interprétées, et ce, au bénéfice et au profit d’une institution, qui, loin de divulguer fidèlement les enseignements de Jésus, les a pervertis pour remplir ses coffres.

L’auteur nous démontre après une exhaustive investigation, que ces supposés gardiens de la parole de Jésus, l’ont transformée de manière si subtilement trompeuse, que de nombreux fidèles laïques ou cléricaux ont été obligés de croire à l’état de « célibat » comme statut idéal pour la conception du divin dans l’être humain. Cependant, à la lumière de l’exposé de Pepe Rodríguez, l’idée du célibat n’est ni appuyée par les Évangiles, ni par Jésus lui-même.

Il montre bien le thème épineux des malformations psychopathologiques dont ont souffert les prêtres, à être obligés de réprimer le besoin d’une sexualité normale.

Il nous fait découvrir les motifs pour lesquels l’Église Catholique préfère maintenir une position si éloignée du Christianisme, comme le célibat, bien que cela suppose, nuire à la santé mentale de ses prêtres, leur porter préjudice dans leur développement émotionnel et les pousser de nombreuses fois à commettre des délits sexuels sur des mineurs ou des adultes.

Chapitre 1

COMMENT L’ÉGLISE CATHOLIQUE
INTERPRÉTA MAL LE NOUVEAU TESTAMENT D’UNE MANIÈRE INTÉRESSÉE POUR POUVOIR IMPOSER SA VOLONTÉ ABSOLUE
SUR LE PEUPLE ET LE CLERGÉ

L’herméneutique biblique actuelle garantit absolument la thèse selon laquelle Jésus n’institua pratiquement rien, et encore moins un modèle déterminé d’Église. Avant, au contraire, les textes du Nouveau Testament offraient diverses possibilités, au moment de structurer une communauté ecclésiastique et ses ministères sacramentels1.

Selon les Évangiles, Jésus cita seulement le mot "église" en deux occasions et les deux fois, il se référait à la communauté de croyants, jamais à une institution actuelle ou future. Mais l’Église Catholique s’obstine à maintenir l’idée fallacieuse selon laquelle le Christ serait l’instaurateur de leur institution, et des préceptes qui ne sont que des nécessités juridiques et économiques d’une telle structure sociale, rendue conforme à coup de décrets au cours des siècles.

Ainsi, par exemple, des institutions organisatrices comme l’épiscopat, le conseil presbytéral, le diaconat, qui commencent à se former vers la fin du IIème siècle, furent défendues par l’Église comme étant "des institutions divines" (fondées par le Christ)2 jusqu’à ce que le Concile de Trente, au milieu du XVIème siècle, changea habilement leur origine et passèrent pour être "de disposition divine" (par ordre, par évolution progressive inspirée par Dieu). Et, finalement, à partir du Concile du Vatican II, (documents Gaudium et Espes, et Lumen Gentium), pendant la seconde moitié du XXème siècle, la structure hiérarchique de l’Église n’a pas ses racines dans le divin, mais provient de l’antiquité (c’est une simple question de structure qui devint une habitude).

Elles sont nombreuses, les interprétations erronées des Évangiles, que l’Église Catholique a réalisées et soutenues avec véhémence, tout au long de l’histoire. Des erreurs qui doivent être attribuées en général, avant tout à la malignité et au cynisme, non pas à l’ignorance, qui n’a rien de méprisable par ailleurs, pas au hasard non plus, toutes ces erreurs proviennent principalement du bénéfice monétaire et du pouvoir que l’Église a pu accumuler. Mais dans ce chapitre nous allons nous occuper seulement de deux mystifications de base : celle qui touche le concept de la figure du sacerdote, et celle qui transforma le célibat en une loi obligatoire pour le clergé.

Les fidèles catholiques ont souffert des siècles, en croyant, pieds et poings liés, à la doctrine officielle de l’Église qui présentait le sacerdote comme un homme différent des autres, meilleur que les laïcs, "spécialement élu par Dieu", à travers sa vocation, son investiture personnelle et permanente du sacré, par le pouvoir exclusif pour officier dans les rites et les sacrements et appelé à être l’unique médiateur possible entre l’être humain et le Christ. Mais cette doctrine, comme le soutiennent de nombreux théologiens, dont José Antonio Carmona3, ne vient pas de la foi, et n’a pas ses origines avant le XIIIème siècle, ou à la fin du XIIème siècle.

L’Épître aux Hébreux (attribuée traditionnellement à Saint Paul) est l’unique livre du Nouveau Testament où s’applique le concept de prêtre au Christ, hiereus4, mais ce n’est pas employé pour signifier que le modèle sacerdotal du Lévitique doit être entendu comme tel "Tu (le Christ) est sacerdote pour toujours, suivant l’ordre de Melchisédeck (dans Hébreux 5,6) non pas suivant l’ordre d’Aaron".

D’autres versets (Héb 5,9-10 et 7 22-25) laissent aussi sentir que Jésus vient abolir le sacerdoce du Lévitique, qui était tribal, et de caste (personnel sacré), dédié au service du Temple (lieu sacré), pour offrir les sacrifices pendant les fêtes religieuses (temps sacré), pour établir une fraternité universelle afin de rompre la limite de pouvoir qui séparait le sacré du profane5. Et dans des textes comme l’Apocalypse (Ap 1,6 ; 5,10 ; 20,6) ou dans la Première Épître de Saint Paul (Ép 2,5) le concept de hiereus/sacerdote s’applique déjà à tous les baptisés, à chacun des membres de la communauté des croyants du Christ, et non pas aux ministres sacrés du culte.

La conception que l’Église Primitive Chrétienne avait d’elle-même, être "une communauté de Jésus", fut largement ratifiée durant les siècles suivants. Ainsi, au Concile de Calcédonie (451), son canon 6 était taxatif et stipulait que "personne ne peut recevoir l’ordination de manière absolue (apolelymenos) ni sacerdote, ni diacre, s’il n’a pas été assigné clairement par une communauté locale". Ceci signifie que chaque communauté chrétienne élisait un de ses membres pour exercer comme pasteur, et seulement alors, il pouvait être ratifié officiellement, au moyen de l’ordination et de l’imposition des mains ; au contraire, qu’un prêtre soit imposé par le pouvoir institutionnel comme médiateur sacré, est absolument hérétique6 (le sceau qui, au sens strict, doit être appliqué aujourd’hui aux fabriques de prêtres que sont les séminaires).

Dans les premiers siècles du christianisme, l’eucharistie, l’axe central de cette foi, pouvait être dirigée par n’importe quel homme, et aussi par des femmes, mais progressivement, à partir du Vème siècle, la coutume fut de céder la présidence de la messe à un ministre professionnel, de sorte que le ministère sacerdotal commença à prendre de l’ampleur dans la structure socio-administrative, qui se disait elle-même, être la succession des apôtres, mais elle ne se basait pas sur la tradition apostolique évangélique et encore moins sur ce que propose le texte de Jean, au lieu de le faire à partir de l’eucharistie (sacrement religieux). Et de ces poussières vient la boue actuelle.

Au Concile III de Létran (1179), qui fut aussi le ferment de l’Inquisition, le pape Alexandre III obligea à une interprétation restreinte du décret de Calcédonie et changea l’original titulus ecclesiae, personne ne pouvait recevoir l’ordination si ce n’est pour une église concrète demandée à l’avance, pour le beneficium, personne ne peut recevoir l’ordination sans un bénéfice (salaire de l’Église elle-même) qui garantit son soutien. Avec ce nouveau pas, l’Église trahissait absolument l’Évangile, et, en privilégiant les critères économiques et juridiques au détriment des théologiques, ceci devint le premier pas pour s’assurer l’exclusivité sur la nomination, la formation, et le contrôle du clerc.

Peu après, au Concile IV de Létran (1215), le pape Innocent III ferma la boucle en décrétant que l’eucharistie déjà, ne pouvait être célébrée par quiconque qui ne serait pas "un sacerdote validé et légalement ordonné". Les exclusivistes du sacré étaient nés, et cela eut une incidence très négative sur la mentalité ecclésiastique future, entre autre absurdité, codifia l’eucharistie,la dépouillant de son véritable sens symbolique et communautaire, et ce qui ajouta au sacerdoce, une malsaine puissance sacro-magique, bien que très utile pour le contrôle social, qui servit à enkyster jusqu’à aujourd’hui, sa domination sur les masses de croyants immatures et/ou incultes.

Tridentium

Le fameux Concile de Trente (1545-1563), profondément fondamentaliste - et pour cela, tant aimé du pape Wojtyla (Jean-Paul II) et de ses idéologues très significatifs, approuva Ratzinger et l’Opus Dei - dans sa section 23, il légalisa définitivement cette mystification et l'appela "école française de spiritualité sacerdotale", durant le XVIIème siècle, il acheva de créer le concept de caste du clergé actuel : individus exclusivement sacrés et contraints de vivre séparés du monde laïc.

Ce mouvement doctrinaire, qui prétendait lutter contre les vices du clergé de son époque, développa un type de vie clérical plutôt monacal (habitudes, heures canoniques, normes de vie strictes, tonsure, ségrégation, etc...) et a fait que le célibat fut considéré de droit divin, et, de fait, obligatoire, donnant un définitif tour de manivelle à l’édit du Concile III de Létran, qui l’avait considéré comme une simple mesure disciplinaire. (Ce qui se passa là est très important, car c’était rompre avec la tradition dominante de l’Église du premier millénaire, qui considérait le célibat comme une option strictement personnelle.)

Le Pape Paul VI, au Concile du Vatican II, voulut remédier à cet abus historique, cette appropriation injuste et exclusive du sacerdoce par une partie du clergé, quand dans l’encyclique Lumen Gentium, il établit que "tous les baptisés, pour la régénération et l’onction de l’Esprit Saint, sont consacrés comme maison spirituelle et sacerdoce saint. Le sacerdoce commun des croyants et le sacerdoce ministériel ou hiérarchique, bien qu’ils soient différents en essence et pas seulement en grade, ils s’ordonnent l’un à l’autre puisque l’un et l’autre participent, chacun à sa manière, à l’unique sacerdoce du Christ."

En synthèse, bien que ce soit entrer dans une octave théologique très subtile, mais fondamentale pour tout catholique qui voudra savoir en vérité quelle position le sacerdoce occupe dans cette Église autoritaire, le sacerdoce commun (propre à chaque baptisé) appartient à la koinonia ou communion des fidèles, étant ainsi une réalité substancielle, essentielle, de l’Église du Christ; tandis que le sacerdoce ministériel, comme tout ministère, appartient à la diakonia ou au service de la communauté, et non à l’essence de celle-ci. En ce sens, le Vatican II rétablit l’essence du sacerdoce commun, consubstantiel à chaque baptisé, est une fin, tandis que le sacerdoce ministériel est un médiateur avec le commun. Le pouvoir autoriaire du sacerdoce ministériel durant le dernier millénaire, comme il est évident pour tout analyste, fut la base de la déformation tyrannique dogmatique et structurale de l’Église, de la perte du sens ecclésial, tant entre les membres du clergé comme entre les croyants, et les intolérables abus que l’institution catholique a exercés sur l’ensemble de la population en général, et sur le clergé en particulier. Mais, comme c’est évident, le pontificat de Wojtyla et ses sbires, a lutté à mort pour occulter à nouveau cette mise en œuvre, et a restauré les fallacieuses idées du Concile de Trente qui maintiennent tout le pouvoir sur les soutanes.

Au vu de ce manque de légitimité que peut avoir le concept et les fonctions (exclusives) du sacerdoce dominant jusqu’à aujourd’hui, au sein de l’Église Catholique, nous examinerons aussi brièvement le manque absolu de justification évangélique que présente la loi canonique du célibat obligatoire.

Au Concile du Vatican II, Paul VI, qui n’osa pas poser à nouveau la question du célibat comme l’avaient sollicité de nombreux membres du Concile, assuma la doctrine traditionnelle de l’Église au mépris du sens, dans -PO16- "il exhorte aussi à ce Concile sacré, tous les présbytériens qui, confiés à la grâce de Dieu, acceptèrent le célibat sacré, par leur libre volonté à l’exemple du Christ7, et qui l’embrassèrent magnanimement et de tout cœur, et persévérant fidèlement dans cet état, qu’ils reconnaissent ce don précieux, qui leur a été fait par le Père, qui est une exaltation envers le Seigneur, et qu’ils aient aussi devant les yeux les grands mystères, qui par lui, se manifestent et s’accomplissent."

À première vue, dans la propre rédaction de ce texte réside sa réfutation. Si le célibat est un état comme s’est affirmé, c'est-à-dire une situation, une condition légale dans laquelle se trouve un sujet, il en sera de même du mariage, et les deux, en tant qu’états peuvent et doivent être choisis librement par chaque individu, sans que ce soit imposé par des ingérences extérieures.

En second lieu, le célibat ne peut pas être un don ou un charisme, comme cela est dit, déjà, du point de vue théologique, le charisme est donné toujours, non pas pour qu’en profite celui qui le reçoit, mais plutôt la communauté à laquelle il appartient. Ainsi, les dons bibliques de guérison ou de prophétie, par exemple, étaient octroyés pour soigner ou pour guider les autres, mais ne pouvaient pas s’appliquer pour son propre bénéfice.

Si le célibat était un don ou un charisme, il serait donné au bénéfice de toute la communauté des croyants, et pas seulement pour quelques privilégiés, et nous savons que cela implique l’argument trompeur qui dit que le célibat permet une meilleure disponibilité pour aider les autres. Le mariage, en échange, il est sûrment donné pour contribuer au bénéfice mutuel de la communauté.

En tous cas, finalement, dans aucune liste des charismes que nous transmet le Nouveau Testament (Rom 12,6-7 ; Cor 12,8-10 ou Eph 4,7-11) on ne cite le célibat comme tel, ensuite, ce n’est aucunement un don ou un charisme malgré ce que prétend l’Église.

La prétendue exaltation du célibataire pour le Seigneur, citée dans les versets 19, 10 de l’Évangile selon Saint Mathieu, se doit, probablement, à une exégèse erronée des dits-versets originaires d’une traduction incorrecte d’un texte grec (première version depuis l’original en hébreu) commise quand on a fait la version latine la Vulgate.

Selon Mth 19,10 Jésus répondant à quelques pharisiens qui l'avaient interrogé à propos du divorce, affirma l’indisolubilité du mariage, (comme objectif à atteindre, comme perfection vers laquelle nous devons tendre, et non pas comme une simple loi à imposer), à ces pharisiens, qui lui opposaient la Loi de Moïse qui permet le divorce, il leur répondit8:

"Incorrigibles que vous êtes ! C’est pour cela que Moïse consentit à répudier vos femmes, mais au commencement, ce n’était pas ainsi. Maintenant, je vous dis, que si l’un de vous répudie sa femme, (je ne parle pas d’une union illégale) et se marie avec une autre, il commet l’adultère. Les disciples lui répliquèrent : si telle est la situation de l’homme avec la femme, ça ne vaut pas la peine de se marier. Mais lui, leur dit : Pas tous peuvent, avec ce que vous avez dit, seuls ceux qui ont reçu le don (ou pántes joroúsin ton lógon toúton, all’hois dédotail). Il y a des eunnuques qui sortirent ainsi du ventre de leur mère, d’autres furent faits hommes, et il y a ceux qui se font eunnuques pour le royaume de Dieu. Que celui qui le peut, le fasse".

Dans ce texte, qui apporte des notions fondamentales qui n’apparaissent pas dans la Vulgate classique, quand Jésus affirme que "pas tous peuvent avec cela" et "celui qui peut avec cela, qu’il le fasse" en ceci il se réfère au mariage et non pas au célibat, comme l’a soutenu jusqu’à présent l’Église. Les mots ton logon touton se réfèrent en grec, à ce qui précède (la dureté du mariage indissoluble, qui fait s’exprimer les disciples qui ne veulent pas se marier), et non pas à ce qui vient ensuite. Ce qu’il affirme être un don, c’est le mariage, et non pas le célibat, et ainsi donc, à l’encontre de la croyance ecclésiastique la plus habituelle, il n’encense pas le célibat, bien au contraire9.

La fameuse phrase "il y a ceux qui se font eunnuques pour le royaume de Dieu" a été prise par l’Église comme la preuve de la recommandation, ou le conseil évangélique du célibat, et jamais elle ne peut être interprétée comme cela, et ce, pour deux raisons: le temps verbal d’un conseil de cette nature, et étant donné ce contexte social, il doit toujours être au futur, non pas au passé ou au présent, et le texte grec a été écrit au passé; et, finalement, étant donnée que la phrase en référence aux eunnuques, est dans le même contexte et temps verbal, alors elle devrait aussi être prise comme un "conseil évangélique" la castration forcée (« aux autres ils furent faits hommes »), chose qui évidemment serait une stupidité.

Le résultat visible, de fait, est qu’il n’existe pas la moindre base évangélique pour imposer le célibat au clergé. Les premières normes qui touchent à la sexualité et subsidièrement au mariage/célibat pour les clercs, sont produites quand l’Église, de la main de l’empereur Constantin, commence à s’organiser comme un pouvoir sociopolitique terrestre. Plus les siècles passaient, et plus étaient manipulés les Évangiles d’origine, et plus la question du célibat obligatoire reprenait de la force, une question clé, comme nous le verrons, pour dominer facilement la masse cléricale.

Concile de Nicée – Chapelle Sixtine

Jusqu’au Concile de Nicée (325) aucun décret légal ne fut fait en matière de célibat. Dans le canon 3, il est stipulé que "le Concile interdit, avec sévérité, aux évêques, prêtres, diacres, ou à tout membre du clergé, d’avoir avec eux une personne de l’autre sexe, à l’exception d’une mère, une sœur, une tante, ou bien des femmes n’ayant aucune grâce"; mais, pendant ce même Concile, il ne fut pas interdit aux prêtres déjà mariés de continuer une vie sexuelle normale.

Des décrets similaires furent ajoutés tout au long des siècles, sans parvenir à ce qu’une bonne partie des clercs renoncent à leur concubine, jusqu’à l’arrivée de la vague répressive des conciles de Saint Jean de Latran au XIIème siècle, destinés à structurer et fortifier définitivement le pouvoir temporel de l’Église. Au Concile I de Létran (1123), le pape Calixito II condamna à nouveau la vie en couple des prêtres et avalisa le premier décret explicite obligeant au célibat. Peu après, le Pape Innocent II, dans les canons 6 et 7 du Concile II de Létran (1139) fit l’erreur à la même ligne, tout comme son successeur Alexandre III au Concile III de Létran (1179), et laissait se profiler définitivement la norme disciplinaire qui donnera lieu à l’actuelle loi canonique du célibat obligatoire, que la majorité des clercs, en réalité suivirent sans accomplir.

Il était tellement habituel que les clercs aient des concubines que les évêques finirent par instaurer la fameuse rente des putes, qui était une somme d’argent que les prêtres devaient payer à leur évêque chaque fois qu’ils transgressaient la loi du célibat. Et, il était tellement normal d’avoir des amantes que beaucoup d’évêques exigèrent la rente des putes à tous les sacerdoces de leur diocèse sans exception; quelques uns qui revendiquaient leur pureté, étaient obligés de payer aussi, car l’évêque affirmait qu’il était impossible de ne pas maintenir des relations sexuelles d’aucun genre.

Le Concile de Basile (1431-1435) tenta de mettre un terme à cette situation, il décréta la perte de revenus ecclésiastiques à tous ceux qui n’abandonneraient pas leur concubine après avoir reçu un avertissement préalable, et après avoir subi un retrait momentané de leurs avantages.

Avec la célébration du Concile de Trente (1545-1563), le pape Paul III, protagoniste d’une vie dissolue, favorisant le despotisme dans son propre pontificat, et père de plusieurs enfants naturels, imposa définitivement les édits disciplinaires de Létran et de plus, interdit explicitement que l’Église puisse donner l’ordination à des hommes mariés.10.

Enfin, à part des anecdotes en marge, depuis l’époque des conciles de Létran jusqu’à nos jours, rien de substanciel n’a changé à propos d’une loi si injuste et manquant de fondement évangélique, c’est pouquoi elle peut être qualifiée d’hérétique, comme celle qui décrète le célibat obligatoire pour le clergé.

Le Pape Paul VI, dans son encyclique "Sacerdotalis Coelibatus" (1967), ne laissa pas de doutes quant au sens de cette doctrine:

  • "Le sacerdoce chrétien, qui est nouveau, ne se comprend qu’à la lumière de la venue du Christ, pontife suprême et pasteur éternel, qui institua le sacerdoce ministériel comme la participation réelle de son unique sacerdoce" (num. 19)
  • “Le célibat est aussi une manifestation de l’amour pour l’Église” (num. 26)
  • “Il développe la capacité d’écouter la parole de Dieu, et dispose à la prière. Il prépare l’homme pour célébrer le mystère de l’eucharistie ” (núm. 29)
  • “Il donne de la plénitude à la vie" (núm. 30)"
  • "C’est une source de fécondité apostolique” (núm. 31-32).

 

Comme je l’ai exposé jusqu’à maintenant, et avec ce que nous verrons dans la suite du livre, nous démontrerons sans laisser de doutes que toutes les manifestations de Paul VI, dans sa fameuse encyclique, contredisent, dans l’absolu, la réalité que vit la majorité du clergé catholique.

"Comme sacerdote", explique un homme, théologien et prêtre marié, Josep Camps11, je devais vivre de très près, certaines fois je les tenais pratiquement dans mes mains, de terribles crises personnelles de nombreux compagnons et amis. L’un d’eux, un professeur prestigieux d’un ordre religieux très renommé, me confessa qu’il était resté angoissé avant de décider de se confesser, à lui-même, qu’il désirait abandonner le célibat. Au cours de ces trois dernières années, j’ai célébré les noces de sept prêtres amis, jusqu’à ce que je me sente le marieur officiel de prêtres. Et, j’ai refusé en plusieurs occasions à marier en secret et sans dispense, quelque prêtre qui désirait légaliser sa situation et laisser le ministère".

"En même temps, un certain rapprochement et intérêt pour des thèmes de psychologie et de psychiatrie m’ont alerté et ont commencé à me préoccuper. Il ne me pesait pas trop ce célibat vécu et voulu, bien qu’il ne fut pas facile de le maintenir, par une décision libre et constamment renovée, mais j’ai commencé à m’interroger sur le fait qu’il soit imposé administrativement à une seule catégorie de chrétiens...parce qu’il est connu que les prêtres des rites orientaux catholiques peuvent se marier, et également les ministres des Églises issues de la Réforme protestante".

“En pleine rumeur de ce que l’Eglise appelle « des désertions » de prêtres ayant pour but, entre autres, de se marier, apparut, en 1967, l’encyclique de Paul VI, Sacerdotalis Coelibatus. Ce fut le moment pour moi, d’éclairer tout ce sujet du célibat”.

“Le texte de l’encyclique est un beau panégyrique, sage et profond, sur la virginité consacrée à Dieu, qui fait partie de ce qu’on appelle traditonnellement «les conseils évangéliques» (même si on ne trouve aucune trace d’eux dans les évangiles). Seulement, en arrivant à ce point, qui fut pour moi la clé, des raisons pour lesquelles est exigé le célibat aux sacerdotes séculaires, l’encyclique perd pied et s’enfonce piteusement: il n’y a pas de véritables raisons sinon la «tradition séculaire de l’Église latine» c'est-à-dire, rien. L’encyclique a tué en moi l’idée du célibat, merci Paul VI ! Et je me suis désisté. En théorie, bien sûr, il n’y avait rien de préssé, pas d’urgences spéciales, et il n’était arrivé aucune personne avec laquelle établir une relation profonde et sérieuse.”

L’Église Catholique, tout au long de son histoire, a falsifié en bénéfice pour son compte, tout ce qui l’a intéressé. Elle a imposé au peuple un modèle de prêtre (et de son ministère) qui est mystification et cynisme, mais il a été utile pour fortifier sa domination sur les consciences et les portefeuilles des masses.

De la même façon, elle a imposé sur ses travailleurs un poids sacré qui ne leur correspond pas, et des lois injustes et arbitraires, comme le célibat obligatoire, qui servent fondamentalement à créer, maintenir et obliger à la soumission, à la servilité et à la dépendance du clerc, et au respect de la hiérarchie.

“Le célibat des pasteurs doit être optionnel, affirme le prêtre marié Julio Pérez Pinillos, déjà que le célibat imposé, en plus d’appauvrir le carcatère du «signe de croix», est l’un des piliers qui soutient l’organisation pyramidale de l’Église, appareil et puissance sur le binôme clercs-laïcs, qui appauvrit les premiers et humilie les seconds”.12

En cette fin de siècle, quand tant de théologiens prestigieux ont fait entendre leur voix contre les interprétations doctrinales erronées et les attitudes qui font du tord, le pape Wojtyla les a fait taire avec la publication d’une encyclique si autoritaire, sectaire et lamentable qu’est la Veritatis Splendor. Splendeur de la Vérité ? De quelle vérité ? La mentalité de Létran et de Trente revient à gouverner l’Église. C’est mal parti pour l’Évangile chrétien.

Chapître II

LA LOI DU CÉLIBAT, OBLIGATION
CATHOLIQUE : UNE QUESTION DE CONTRÔLE,
D’ABUS DE POUVOIR ET D’ÉCONOMIE

Prêtre Catholique- le Célibat

“La raison véritable et profonde du célibat consacré, laissé établi par le Pape Paul VI, dans son encyclique Sacerdotalis Coelibatus (1967), est l’élection d’une relation personnelle plus intime et plus complète avec le ministère du Christ et de l’Église, pour le bien de toute l’humanité ; par cette élection, les valeurs humaines les plus élevées peuvent certainement trouver leur plus haute expression”.

Et l’article 599 du Code de Droit Canonique, avec son langage sibyllin, impose que "le conseil évangélique de chasteté, assumé pour le Royaume des Cieux, en tant que signe du monde futur et source d’une fécondité plus abondante dans un cœur non divisé, porte en soi, l’obligation d’une parfaite continence dans le célibat."

Cependant, l’Église Catholique, en transformant un inexistant "conseil évangélique" en loi canonique obligatoire, qui, comme nous l’avons vu dans le chapître antérieur, est sans fondement néotestamentaire, est restée à des années lumière, de ce que Paul VI résume comme "une relation personnelle plus intime et plus complète avec le ministère du Christ et de l’Église, pour le bien de toute l’humanité".

Au contraire, ce à quoi est parvenue l’Église avec le fait d’imposer la loi du célibat obligatoire c’est de créer un instrument de contrôle qui lui permet d’exercer un pouvoir abusif et dictatorial sur ses travailleurs, et une stratégie de base économiste, pour baisser les coûts de maintenance de ses travailleurs sacrés et, aussi, pour augmenter son patrimoine institutionnel ; c’est pour cela que, évidemment, l’unique humanité qui gagne avec cet état de chose c’est l’Église Catholique elle-même.

La loi du célibat obligatoire est une des plus remarquable entorse aux droits de l’homme que l’Eglise Catholique commet depuis des siècles, et pour cela, avant de commencer à traiter les prémices de ce chapitre, il sera opportun d’introduire avec l’opinion de Diamantino Garcia, président de l’Association pour les Droits de l’Homme d’Andalousie, membre renommé du Syndicat des Ouvriers des Champs, prêtre depuis vingt-six ans, et curé de la paroisse des villages sévillans de Los Corrales et Martin de la Jara.

Nous continuerons...


  1. cf., par exemple, les très divers modèles ecclésiaux de Jérusalem, Antioche, Corinthe, Éphèse, Rome, les communautés de Saint Jean, celles des Cartes Pastorales, Théssalonique, Colosse...

  2. Durant les trois premiers siècles, elles ne sont pas reconnues comme telles. Saint Jérôme, par exemple, un des principaux pères de l’Église et traducteur de la Vulgate (la Bible en version latine), ne les a jamais acceptées comme une institution divine et, en outre, ne se laissa pas ordonnner évêque ; étant donné que dans les Évangiles seulement, on parle de diaconat et de presbytèrianisme, Saint Jérôme défendit qu’être évêque équivalait à être en dehors de l’Église (entendue dans sa signification authentique et originelle de Ecclesia ou assemblée de fidèles).

  3. cf. Carmona Brea, J.A. (1994). Les sacrements : symbole d’une rencontre. Barcelone : Editions Angélus, chapitre VII.

  4. Hiereus est le terme qui est employé dans l’Ancien Testament pour nommer les prêtres de la tradition et ceux des cultures NON juives ; son concept est inséparable des notions de pouvoir et de séparation entre le sacré et le profane (cela vaut comme exemple, pour celui qui ne connaît pas l’histoire antique, le modèle des sacerdotes égyptiens ou des différents peuples de Mésopotamie).

  5. «Parce que l’homme est un temple vivant, (il n’y a pas d’espace sacré), pour offrir le sacrifice de sa vie (toute personne est sacrée), en offrande constante au Père (il n’y a pas de temps sacrés)» argumente le théologien José Antonio Carmona.

  6. Et ainsi, parlèrent les pères de l’Église comme Saint Augustin dans ses écrits (cf. Contra Ep. Parmeniani II, 8).

  7. «Que celui qui le peut, le fasse». Dans la Bible catholique de Nacar-Colunga, au contraire, il est dit: «Les disciples dirent: si telle est la condition de l’homme avec sa femme, autant ne pas se marier. Lui, leur répondit: Vous ne comprenez pas tous ceci, sinon ceux à qui cela a été donné. Parce qu’il y a des eunnuques qui naquirent ainsi dans le ventre de leur mère, et il y a des eunnuques qui furent faits pour les hommes, et il y a des eunnuques qui se sont faits eux-mêmes tels, par amour pour le royaume des cieux. Que celui qui peut entendre, qu’il entende». Il existe une différence énorme entre «être capable de l’entendre» du texte original et «être capable de le faire » du fallacieux texte catholique, les implications théologiques et législatives qui découlent de l’un ou de l’autre sont aussi diamétralement opposées.

  8. Ceci, en toute logique et indubitablement, doit être ainsi, puisque du point de vue socio-culturel, étant donné que Jésus était un juif fidèle à la loi, comme nous l’avons déjà mentionné jamais ne pouvait préférer le célibat au mariage. La tradition juive oblige au mariage pour tous, et dédaigne le célibat.

  9. A propos de la castration au sein de la hiérarchie ecclésiale, il convient de se rappeler ici, par exemple, le grand théologien Origènes qui se castra lui-même, interprétant de façon pathologique la phrase de Jésus : « Si ta main ou ton pied te scandalise, coupe-le et jette-le, vaut mieux entrer dans la vie manchot ou boiteux, plutôt qu’avec des mains ou des pieds mais jeté dans le feu éternel » (Math 18,8), peut-être son membre le scandalisait-il

  10. L’ordination sacerdotale des hommes mariés avait été une pratique normalisée au sein de l’Église, jusqu’au concile de Trente. Actuellement, étant donnée la rareté des vocations, de nombreux prélats, spécialement ceux du Tiers Monde, défendent à nouveau cette possiblité et ont solicité à plusieurs reprises le pape Wojtyla pour qu’il facilite l’institution du viriprobati (l’homme marié qui vit avec son épouse comme frère et sœur) et leur accès à l’ordination. Mais Wojtyla l’a écarté publiquement et à plusieurs reprises, s’opposant dans sa demande à une campagne de « propagande systématiquement hostile au célibat » (synode de Rome, octobre 1990), considérons que même si Wojtyla lui-même, en secret, a autorisé l’ordination d’hommes mariés dans différents pays du Tiers Monde. Durant le même synode cité, Aloisio Lorscheider, cardinal de Fortaleza (Brésil), révéla le secret, et apporta des documents précis à propos de cette ordination des hommes mariés autorisés par Wojtyla. Cela provoqua un état de choc qui aujourd’hui doit paraître bien ridicule au clergé catholique, dont 60% continue d’avoir des relations sexuelles malgré leur célibat officiel. D’autre part, jusqu’au siècle dernier, la cour papale était un lieu privilégié pour les fameux castrats, chanteurs, selectionnés parmi les chœurs des églises, qui s’étaient faits castrés dans l’enfance pour conserver une voix aux tonalités et aux nuances impossibles pour un homme adulte quelconque ; s’ils n’étaient pas d’authentiques eunnuques pour le royaume des cieux !

  11. cf Santa Sede (194). Code du Droit Canonique. Madrid : Bibliothèque des Auteurs Chrétiens, PP. 273-275.

  12. Selon les dernièrs documents officiels de l’Église disponibles en 1990 il y avait seulement trente sacerdotes diocésains inscrits en facultés, pour des études civiles, ce qui représente 0,14% du total des prêtres. Ce rapport illustre le respect donné au Code du Droit Canonique qui a été en vigueur entre 1917 et 1983, à ce canon 129 qui ordonnait : « Les clercs, une fois ordonnés sacerdotes ne doivent pas abandonner les études, et principalement, les études sacrées ; et dans ces disciplines sacrées ils suivront la doctrine solide, reçue de leurs prédecésseurs, et communément acceptée par l’Église, en évitant les nouveautés profanes et faussement appelées science. » cf Rodriguez, P (1995). Op.cit.p.72

  13. Les problèmes notables d’ordre psycho-social dont souffre une bonne partie du clergé catholique, et en particulier diocésain, non seulement dérivent de carences affectives et sexuelles, il va sans dire que cette sphère est une partie fondamentale pour le développement, la maturation et l’équilibre de la personnalité humaine ; la propre structure formative du clerc et certaines dynamiques vitales forcées, contribuent à générer des problèmes psychologiques qui ont été évités en grande partie, parmi le clergé des autres confessions catholiques ou chrétiennes en général. Sur ce point, il est possible de consulter le chapître 5 de l’étude déjà citée, la vie sexuelle du clergé, et la bibliographie spécifique qui s’y rapporte.

AddThis Social Bookmark Button
 
< La Vie du Bouddha Siddharta Gautama

Connaissance Universelle

Science
Art
Philosophie
Mystique/Religion